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SUCCUBUS
NECRONOMICON
DELIRIUM

REALISATION
Jesus Franco
SCENARIO
Pier A.Caminnecci
PRODUCTION
Pier A.Caminnecci
Adrian Hoven
IMAGE
Jorge Herrero
Franz-Xaver Lederle
MUSIQUE
Friedrich Gulda
Jerry Van Rooyen



LORNA GREEN
Janine Reynaud
WILLIAM
Jack Taylor
PIERCE
Michel Lemoine
RALF
Adrian Hoven
ADMIRAL
Howard Vernon
BELLA
Nathalie Nort



DATE: 1967
PAYS:
RFA
DUREE ET VERSIONS:
Succubus: 76min, Nécronomicon: 79min
GENRE
:
Nouvelle vague décomplexé

"In a furnace in a fiery hell, she will rot!"
Phrase lue lors d'une orgie.

 

Lorna Green (Janine Reynaud) présente un show SM dans un petit cabaret chic de Lisbonne.
Un homme et une femme, tous deux ligotés, sont torturés et tués sous les regards d'un public conquis. Une performance qui fait illusion jusqu'au final, révélant la supercherie.
Lorna et son manager (Jack Taylor) présente ce spectacle dans toute l'Europe.
Avant de partir pour Berlin, la jeune femme fait un étrange rêve. Ce rêve sera le point de départ d'un long voyage où réalité et imaginaire se confondent lors d'expériences déconcertantes. Orgies masqués, rêve lesbien, mannequin de cire, nain, tout ce panel d'étrangetés perturbe la jeune femme, qui petit à petit sombre dans la folie meurtrière. Mais si les choses n'étaient pas celles que l'on veut nous faire croire? Lorna aurait-elle une mission à accomplir sur terre?

 

 


 

 

-Lorna Green est un personnage que l'on peut retrouver dans Lorna l'exorciste sous les traits de Pamela Stanford.

-Suite à ce film, Franco quitte l'Espagne.

- Succubus était l'un des films préféré de Fritz Lang.

- La phrase d'accroche est un subtil jeu de mot sur l'année de sortie du film: Necronomicon, The sensual experience of 69.

- Il s'agit du premier film en couleur de Jesus Franco.

- Succubus a été tourné à Lisbonne et à Berlin.

- Janine Reynaud (Lorna) et Michel Lemoine (Pierce) étaient mariés.

- La version plus longue de Succubus (Necronomicon) apporte au film une fin tout à fait différente nous montrant le suicide de Lorna.

- Franco affirma avoir découvert le véritable livre des morts chez le producteur du film Pier A.Caminnecci.

- Les différents titres :
Necronomicon, Geträumte sünden
Delirium,,

 


Après un Miss Muerte et un Cartes sur table magnifique, Franco signe ici son film de transition. Il utilise la couleur pour la première fois de sa carrière (grâce au procédé Eastmancolor, permettant d'impressionner les 3 couleurs sur la même pellicule) mais c'est surtout pour lui un changement radical de ton et de propos.
Le bouleversement des mentalités (nous sommes en 1968) se ressent véritablement. Plus de sexe, plus de drogue (même si Franco a toujours clamé ne pas en avoir eu besoin) et des idées à contre-courant.
Franco expérimente, essaie de nouvelles choses. Ici, c'est à travers une trame scénaristique totalement déstructurée, qu'il nous raconte les aventures de Lorna, la succube venue sur terre pour troubler nos rêves.

Le point de départ...
Janine Reynaud
, cravache en main, s'amuse à torturer une femme et un homme devant le public chic d'un cabaret de Lisbonne. Une scène qui vous rappellera très certainement l'introduction d'Exorcisme et Messes noires du même réalisateur.
Suite à ce prologue et en se débarrassant de toutes contraintes narratives, Franco nous amène dans une succession d'étranges séquences jouant sur le principe du cadavre exquis et de l'association d'idées.
Un choix un peu déroutant pour le spectateur s'attendant à un classique film d'exploitation. Mais le réalisateur espagnol est un homme plein de surprises, il l'a déjà bien assez démontré.

 



L'histoire n'est finalement pas très importante puisque ce film s'efforce de nous faire oublier toute trame logique. Certains trouveront cela ennuyeux. Néanmoins, félicitons le réalisateur pour ce choix qui rappellera à certains les films de son meilleur ennemi, Jean Rollin (qui débuta sa carrière cette année là).

De l'improvisation?
Franco a souvent fait le rapprochement entre le free Jazz et ses films. L'idée prends ici tout son sens et on pourrait croire que le réalisateur construit son film en "chorussant" à la manière d'un trompettiste. Un exercice très amusant plaçant Succubus à la frontière de l'experimental et du bis (notamment avec la scène de l'orgie ) .

Janine Reynaud...
Une fois de plus, Franco ne se trompe pas et le choix de Janine Reynaud dans le rôle de la succube semble couler de source.
La jolie rousse ne déçoit pas dans son rôle de femme fatale. Cette figure récurrente des films de Franco est sublimé par le physique d'amazone de sa comédienne (on remarquera le penchant du frêle réalisateur pour les femmes grandes et fortes à l'instar d'actrices comme Alice Arno, Britt Nichols ou encore Muriel Montossé)

Ce film perturbera certainement les fans de la période post 70 du réalisateur. On ne retrouve pas, visuellement, les tics du réalisateur (qui n'étaient pas encore très présent à l'époque).
Peu de zooms, ni de flous artistiques dans ce film à la mise en scène et aux cadres particulièrement travaillés.
Terriblement ancré dans son époque, Succubus est de ces films qui proposaient une nouvelle manière de voir le cinéma. Au demeurant, il s'apparente à un film "nouvelle vague" décomplexé .

A ranger auprès du Viol du vampire de Rollin, sortit la même année.

 

 

 

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