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LORNA L'EXORCISTE
LES POSSEDEES DU DIABLE
CARESSES DE CHATTES

REALISATION
Jesus Franco
SCENARIO
Jesus Franco
Nicole Guettard
PRODUCTION
Robert de Nesle
IMAGE
Etienne Rosenfeld
MUSIQUE
André Bénichou
Robert de Nesle


LORNA
Pamela Stanford
LINDA
Lina Romay
PATRICK
Guy Delorme
MARIANNE
Jacqueline Laurent
LE DOCTEUR
Jesus Franco
LE GERANT DE L'HOTEL
Richard Bigotini
L'HOMME DE MAIN DE LORNA
Howard Vernon


DATE: 1974
PAYS:
France
DUREE ET VERSIONS:
78min
GENRE
:
Faust à la Grande-Motte

"Je suis stérile, comme tout ceux qui viennent de l'au delà. Nous allons jouir, vous et moi, et après vous allez retourner chez vous et faire l'amour à votre femme. Dans 9 mois, elle aura un enfant, une fille. Cette fille m'appartiendra, elle sera ma fille.
Lorna, expliquant le pacte à Patrick.

 

Patrick (Guy Delorme) et sa femme (Jacqueline Laurent) vivent dans la misère. Ils habitent une chambre d'hôtel à la Grande Motte. Souvent, Patrick tente sa chance au casino mais, hélas, sans grand succès. Pourtant, un jour, il fait la rencontre de Lorna (Pamela Stanford), une jolie blonde très maquillée.
Assis face à elle, autour d'une table du casino, ils s'observent.
Et alors que le pauvre homme mise des sommes de plus en plus élevées, il voit sa chance tourner. Intrigué par cette fortune subite et inattendue et se doutant que ce revirement de situation n'était pas le fruit du hasard, il se décide à aborder Lorna.
Trente secondes plus tard, les deux êtres sont nus dans un lit et la jeune femme lui révèle son secret.

Elle est effectivement dotée de pouvoirs. Malheureusement, comme toutes les créatures venant de l'au-delà, elle ne peut se reproduire. C'est pourquoi elle propose un pacte à Patrick.
En échange du succès et de la fortune, il devra rentrer faire l'amour à sa femme et, ainsi, mettre au monde une fille qu'il se chargera d'éduquer durant 18 ans. Mais lorsque le jour de sa majorité arrivera, il devra s'en séparer sans protester. Lorna viendra chercher la jeune fille et l'emmenera avec elle.
L'homme, loin d'imaginer les conséquences d'une telle proposition, accepte le pacte.

18 ans plus tard, le téléphone sonne chez Patrick. A l'autre bout du fil, Lorna réclame son dû.

 

 

 

 


- Les Possédées du Diable est une variation du mythe de Faust.

- Une nouvelle version du film est tournée par Franco en 2002. Elle sort sous le titre d'Incubus

- Lorna Green est un personnage qui apparaît aussi dans Necronomicon (1968) du même Jesus Franco, il s'agit ici aussi d'une envoyée du démon.
C'est aussi le pseudonyme d'une comédienne (Herminia Basalo) ayant joué, notamment, dans Macumba Sexual.


- Le film est sorti, en France, le 18 Décembre 1974. Le titre Lorna l'exorciste était bien évidemment une manière d'utiliser le succès commercial du film de William Friedkin, l'Exorciste, sorti 3 mois plus tôt.

- Les différents titres :
Les Possédées du Diable,
Linda,
Sexy Diabolic Story,
Caresses de Chattes,
Exorcisme,

 

 


Les possédées du Diable s'avère être une étrange variation du mythe de Faust.
Le cinéaste espagnol situe son intrigue dans l'hideuse ville de la Grande-Motte alors en pleine expansion, et certainement désireuse de se faire de la pub à travers le cinéma.
Un étrange choix, puisque le charme relatif de la ville n'est guère en rapport avec une telle histoire (que l'on imaginerai plus aisément se dérouler dans une jolie ville latine). Qu'importe nous fermerons les yeux sur ces bâtiments tout droit sortis des enfers pour nous concentrer sur un récit particulièrement brûlant.

Maman...
Le film s'ouvre sur une très longue introduction mettant en scène Pamela Stanford et Lina Romay, toutes deux nues, se prodiguant caresses, attouchements et étreintes charnelles. Nous ne le savons pas encore, mais Linda (Lina Romay) rêve. A l'approche de ses 18 ans, son esprit commence à être possédé par sa véritable génitrice, Lorna (Pamela Stanford).
L'inceste est plus que jamais présent, et on comprends très vite qu'il s'agit ici d'un grand cru de la cuvée "Franco 74" (définitivement sa meilleure période).
Le fripon espagnol ne s'arrêtera pas à cette scène, puisque la relation avec sa véritable mère, après s'être enrichi d'un passage particulièrement explicite dans une baignoire, sera de nouveau abordée lors d'une séquence nous dévoilant un moment intime de la maternité (Linda s'abandonnant nue dans les bras de sa mère, pour lui téter le sein).
Et d'inceste, il est toujours question lorsque, prenant une douche, elle invitera son père à pénétrer dans la salle de bain avec un sourire et un regard appelant clairement à la débauche.

En cette époque de contestation, Franco ne se retient plus et va très loin dans la provocation (Un an plus tard, il réitère son méfait dans Eugénie de Sade). Il est inutile de chercher une raison à ces débordements, Jesus Franco est un provocateur, et c'est bien là, une qualité dont il ne s'est jamais défait.

 

 

 

 

 


Faust et l'Exorciste...
En 1974, Franco ne s'était pas encore frotté au mythe de Faust.

Pourtant, le réalisateur, surfant alors sur la vague de l'Exorciste de Friedkin, choisit de mélanger les histoires et se focaliser sur la personne du démon Lorna et de sa fille possédé. Un joyeux mélange tout à fait réussi.
L'histoire évoque alors le trouble de Linda, possédée par sa mère et perdant le contrôle de ses repères.

Heureusement la vengeance du démon Lorna est bel et bien évoquée dans une scène terriblement cruelle (La mère biologique de Linda voyant sortir de son vagin, une farandole de petits crabes noirs).

Avec dans le rôle du démon...
Franco choisi Pamela Stanford dans le rôle du démon.
Un choix tout à fait judicieux, faisant de la jolie blonde une femme fatale, typique de l'oeuvre du maître. Son maquillage extravagant en rajoute et nous rappelle, au passage, l'étrange figure d'Emil Jannings, le démon Méphisto du Faust de Murnau.

Dans le rôle de Linda, Lina Romay compose une parfaite jeune fille, tour à tour naïve et démoniaque (Comme l'a su être Linda Blair). Le film se clôt, d'ailleurs, sur une image de son visage possédé accompagné d'un cri capable de glacer le sang d'un latino en rut.

Quand au rôle de Patrick (le père), il échoit au grand Guy Delorme dont c'est là, la première et avant-dernière apparition dans un film de Franco .

Et...
Encore un bon point pour ce film, à la fois provocant et fascinant de bout en bout. Du Franco en état de grâce qui trouvera aisément sa place sur votre étagère, entre la deuxième adaptation du mythe par Franco: Das Bildnis des Dorian Gray et un exemplaire du "Tabou de l'inceste".

 

 

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