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LA COMTESSE PERVERSE
LES CROQUEUSES
THE PERVERSE COUNTESS

REALISATION
Jesus Franco
SCENARIO
Jesus Franco
Elisabeth Ledu de Nesle
PRODUCTION
Robert de Nesle
IMAGE
Gerard Brisseau
MUSIQUE
Jean-Bernard Raiteux



SYLVIA
Lina Romay
COMTE ZAROFF
Howard Vernon
COMTESSE ZAROFF
Alice Arno
KALI
Kali Hansa
MOIRA
Tania Busselier
TOM
Robert Woods



DATE: 1974
PAYS:
France
DUREE ET VERSIONS:
Uncut: 95min, Cut: 87min
GENRE
:
Zaroffsploitation

"Les seins sont superbes, c'est mon morceau favori."
La comtesse, devant un corps nu.

 

 

 

 

Il s'agit là du synopsis des Croqueuses, version alternative de La Comtesse Perverse.

Les Croqueuses relate les mésaventures de la jeune Sylvia (Lina Romay), en vacances dans le sud de la France.
La jeune fille, un peu délurée, a obtenue un rendez vous avec le beau Tom (Robert Woods). Mais une amie la met en garde sur les éventuelles intentions malsaine du jeune homme. Sylvia n'y prête pas attention et se rend seule au rendez-vous.

Pourtant, Tom est inquiétant, il travaille pour le Comte et la Comtesse Zaroff (Howard Vernon et Alice Arno), deux dandys, vivant reclus sur une île. Sylvia est invitée, chez eux, à venir déguster une belle pièce de viande. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que le couple diabolique exerce un loisir peu commun, la chasse à l'homme.

Les rôles sont ainsi distribués: Tom rabat le gibier, La comtesse le chasse avec son arc, et le comte cuisine et cuit la viande capturée.
Sylvia devra lutter afin d'éviter une fin tragique au fond d'une casserole.

 

 

 

 


 

- L'histoire est tirée du célèbre livre de Richard Connell: "The Most Dangerous Game". Il s'agit de la 7ème adaptation au cinéma, on en recense une quinzaine.

- La maison noire des Zaroff est aussi présente dans She killed in ecstasy.

- Le seul montage du film disponible est celui des Croqueuses, une version de 1975 n'apportant au film qu'un prologue et un épilogue totalement idiot et quelques inserts softcore tournés par Franco à Paris.

- Les inserts softcore des Croqueuses sont joués par Pierre Taylou et Pamela Stanford (et non pas Monica Swinn comme le prétendent de nombreuses sources).

- Le film original a été tourné en Espagne.

- Lina Romay expliqua comme il était dangereux de tourner des scènes de nu dans l'Espagne Franquiste. Ils redoutaient à chaque instant, l'arrivée de la police. (src: "Lina Romay, The intimate confessions of an exhibitionist")

- Les différents titres :
Les Croqueuses,
The Perverse Countess,
La Comtesse Zaroff,
Un Caldo Corpo di Femina,

 

 

 

 



Photo tirée de Ciné-Girl n°2 (1977)

 

1973/74 est, pour Franco, l'année des adaptations littéraires. Il revisite Octave Mirbeau et son "journal d'une femme de chambre" dans Célestine,bonne à tout faire. Jules Verne et son "Capitaine de 15 ans" subissent le même traitement dans le film éponyme. Plaisir à trois, réinterprète "la philosophie dans le boudoir" de Sade, et le film qui nous intéresse ici, est l'adaptation du "Most dangerous game" de Richard Connell.

Que reste-t-il de l'histoire ?
Ces Croqueuses réinvente une histoire déjà abondamment adaptée au cinéma, notamment dans le célèbre Les chasses du comte Zaroff (1932) de Irving Pichel et Ernest Schoedsack.
Le récit original n'est que très peu malmené. Le premier détail qui saute aux yeux est, bien sur, l'inversion des rôles. Chez les Zaroff, ce n'est plus le comte qui chasse, mais bien la comtesse. Un choix peu surprenant chez l'espagnol, toujours prompt à donner des rôles fort aux personnages féminins.

Et alors que, dans le récit original, Zaroff attirait ses victimes en faisant échouer les bateaux, Franco choisit ici d'utiliser le sexe comme appât. Sylvia est attirée sur l'île grâce aux avances de Tom. Un piège fatal pour la jeune fille qui aurait mieux fait de rester sur le continent, en compagnie de sa jeune amie.

Il est intéressant, par ailleurs, de souligner la nature Sadienne des Zaroff, qui confirme le caractère "franquien" de cette histoire. Sept ans plus tard, Franco s'inspira de nouveau du roman de Richard Connell pour réaliser Sadomania. Ajita Wilson y incarnera aussi une chasseuse tout aussi perverse (bien que dénuée de la gratuité de l'acte, présent dans La comtesse perverse)

Vernon, Arno et les autres...
Pour ce qui est des comédiens, Lina Romay s'avère toujours parfaite en jeune ingénue nue. Robert Woods, échappé du western spaghetti, s'en tire moins bien, la faute au rôle un peu étrange de Tom dont la liaison ambigu avec Sylvia n'aide pas vraiment à comprendre le personnage.

En revanche, on observera unanimement qu' Alice Arno est LA comtesse Zaroff. On ne pouvait imaginer meilleur comédienne pour ce rôle d'amazone, déjà abordé dans Maciste contre la reine des amazones. Mais la force de cette nouvelle adaptation réside dans le duo, puisque la comtesse n'est en fait que le faire-valoir d'un personnage encore plus cruel et diabolique. Howard Vernon dans le rôle du comte, fabuleusement pervers et malfaisant, n'en finis plus de nous épouvanter en faisant des allusions au cannibalisme et au bon goût de la viande humaine.

 


Zaroff érotique ?
Franco fait baisser la tension, palpable, notamment lors de la scène géniale du repas, en caviardant son film de scènes érotiques. Ainsi donc, avant d'être chassée, Kali Hansa (qui interprète le rôle d'une première victime) s'ébat avec un Howard Vernon étonnamment musclé et poilu et une Alice Arno, elle aussi particulièrement pileuse. (Franco fera d'ailleurs l'éloge de son pubis velu lors d'une interview accordée à "Sex stars system" n°1 de Mai 1975)

Les inserts...
Les inserts des Croqueuses apportent aussi leur lot d'érotisme. Il y a notamment, cette séquence dans laquelle Pierre Taylou (se faisant sucer le sexe mou par une Lina Romay toujours extrêmement motivée) est ligotée à la jolie Pamela Stanford (essayant tant bien que mal de détourner son visage de la caméra...). Une scène, hors de propos, inséré en complément beaucoup plus tard, pour satisfaire le distributeur Français.
Et alors que le film aurait pu se terminer sur la phrase terrifiante que prononce le comte au dessus du corps sans vie de sa femme, un épilogue idiot clos le film dans un grand n'importe quoi...

Mais oublions ces rajouts peu délicats, et intéressons nous à l'oubliée de ma chronique:

La musique...
Un grand moment musical, aisément classable parmi les 10 meilleurs OST de Franco
Composé par Jean-Bernard Raiteux (compositeur de la BO anachronique, mais superbe des Démons) et Olivier Bernard, la musique est faite de bruits métalliques, de flûtes et rythmée par des percussions préfigurant le côté sauvage de l'île et de ses occupants bien sur.

Et donc...
Et donc, je ne peux que vous conseiller cette petite merveille, tristement défigurée par de fâcheux inserts que l'on essaiera d'oublier au plus vite. Cette histoire se voit magnifiée entre les mains de notre espagnol préféré qui prouve, une fois de plus, son talent à adapter les nombreux récits pervers de la littérature.

A ranger dans sa collection entre Sadomania et Slave girls from beyond infinity, une autre adaptation hallucinante du roman de Connell par Ken Dixon.

 

 

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