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CHRISTINA,
PRINCESSE DE L'EROTISME

UNE VIERGE CHEZ LES MORTS-VIVANTS
LA NUIT DES ETOILES FILANTES

REALISATION
Jesus Franco
SCENARIO
Jesus Franco
Paul D'ales
PRODUCTION
Marius Lesoeur
Prodif
IMAGE
José Climent
MUSIQUE
Bruno Nicolai


CHRISTINA
Christina Von Blanc
CARMENCE
Britt Nichols
ABIGAIL
Rosa Palomar
ONCLE HOWARD
Howard Vernon
LA REINE DE LA NUIT
Anne Libert
ERNESTO
Paul Müller
BASILIO
Jesus Franco


DATE: 1971
PAYS:
Belgique-France-Italie-Lichtenstein
DUREE ET VERSIONS:
Uncut+inserts: 92min,
Franco's Cut: 79min / 75min (selon DVD)
GENRE
:
Inclassable

"Qu'est-ce que tu viens de faire, malheureuse que tu es. Sache qu'il ne fallait pas détruire le grand phallus"
L'aveugle, en colère après Christina.

 

Christina (Christina Von Blanc) reçoit une lettre lui apprenant le décès de son père (Paul Müller).
Pour prendre connaissance de son héritage, elle doit se rendre au Honduras, dans la luxueuse propriété familiale.
Après un long trajet, elle est accueillie par Basilio (Jesus Franco) l'homme à tout faire, muet et légèrement attardé.
Elle est ainsi et pour la première fois, introduite à ses lointains cousins. La famille est composée de l'oncle Howard (Howard Vernon), de la tante Abigail (Rosa Palomar), mais aussi la magnifique Carmence (Britt Nichols) qui accueille la jeune fille d'un baiser spontané sur les lèvres.

Mais ces curieuses présentations tournent court puisque un dernier membre de la famille est en train de mourir au château.
Les proches de Christina ne semblent pourtant pas s'en attrister. L'oncle Howard joue des valses sur son piano et Carmence se manucure les ongles de pieds pendant les funérailles.
L'étrange comportement de la famille n'inquiète pourtant pas la jeune Christina. Et les apparitions de son père défunt, la prévenant du danger qu'elle encoure, n'y feront rien.
Christina se retrouve piégée par des esprits et sombre peu à peu dans une folie, qui la conduira dangereusement sur le territoire de la reine de la nuit (Anne Libert).

 

 

 

 


 

- L'histoire est adaptée d'un poème de Gustavo Adolfo Bécquer.

- Christina, princesse de l'érotisme est l'un des films les plus charcutés de la filmographie de Franco. Il existerait une dizaine de versions différentes.

- L'une des versions contient des inserts de zombies tournés 10 ans plus tard par Jean Rollin pour Eurociné (visible plus bas).

- Une autre version Softcore a été montée à partir de scènes (tournés très probablement par Pierre Quérut) avec Alice Arno et Pierre Taylou et des doublures (visible sur les VHS SHV et CAROLINE).

-Le grand phallus noir est aussi un accessoire du film Virgin Report.

- Il s'agit de l'un des films préférés de Jesus Franco.

- Le projet devait s'intituler, au départ, La nuit des étoiles filantes.

- Le film a été tourné au Portugal

- Les différents titres:
A Virgin among the Living Dead,
Christina chez les morts vivants,
Christine, Princess of Eroticism,
I Desideri erotici di Christine,
The Invisible Dead,
Une vierge chez les morts vivants,
Una Vergine tra i morti viventi,
Zombi 4: A Virgin among the Living

 

 

 

 

 


Extrait des inserts tournés par Pierre Quérut, avec Alice Arno et Pierre Taylou. (SRC: Cinérotica n°4)

 

 

Un film d'auteur...
Christina, princesse de l'érotisme est tourné peu de temps après le décès de Soledad Miranda. Une période trouble mais particulièrement fertile, pendant laquelle Franco vogue entre les différents genres. Du film d'horreur au sex-report, du film d'aventure à la comédie, Franco n'écartera pas, pour autant, des projets plus personnels comme le Miroir obscène ou encore, celui qui nous intéresse ici, Christina, princesse de l'érotisme.

Peut-être révélateur de son état d'esprit, le réalisateur adapte un poème de Gustavo Adolfo Bécquer, écrivain meurtri par la solitude et par de nombreux malheurs (orphelin, pauvre, divorcé, malade et mort à 34 ans...). On peut, très vite, faire des liens entre l'univers de Bécquer et celui de Franco. On retrouve certains choix artistiques proposés par le réalisateur, dans les contes du poète espagnol. L'amplification des sons d'horloge, du vent et même des ronflements peut, par exemple, être un rappel de ce passage d' "El Rayo de la Luna":
"Il croyait voir dans les nuages, dans l' air, dans la profondeur des forêts des formes, des sons mystiques, des êtres surnaturels, des mots incompréhensible, qui lui échappaient..."

Mais à travers La nuit des étoiles filantes (le titre original), c'est, avant tout, à l'univers tout entier du poète, auquel Franco fait appel.


 

La scène de Zombies, tournée par Jean Rollin et coupée du Franco'sCut. Notez la présence de Rollin parmi les Zombies.


Une horloge... un objet récurrent chez les surréalistes!

Britt Nichols et ses collants blancs...
Il est parfaitement inutile de chercher à rationaliser une telle histoire. Tout est mis au service d'une ambiance et d'un climat fascinant, glaçant, parfois même émouvant. Et cette atmosphère est créée, en grande partie, par de parfaits comédiens.
En l'absence de muse officielle, Franco fait appel à Christina Von Blanc, une jeune actrice, pleine de grâce, découverte dans Virgin Report.  L’oncle Howard et la tante Abigail, pour leur part, s’imposent par l’inquiétante prestation de leurs interprètes (Howard Vernon et Rosa Palomar). Leurs réactions déconcertantes face aux événements, rajoute à l’étrangeté de leurs personnages.
Britt Nichols incarne une Carmence troublante mais pleine de charme, dont on tomberait volontiers amoureux. On pourra même regretter l’indifférence de Christina à son égard. Une relation approfondie entre les deux jeunes filles aurait pu être à l’origine de grands moments d’érotisme.
En passant, on pourra noter le goût de Britt Nichols pour les collants blancs qu’elle arborait déjà dans la Fille de Dracula (pour être précis elle portait des collants et ici des bas). 
On regrette, par ailleurs, que la reine de la nuit soit peu présente dans le director’s cut. Pourtant la scène « à la Michael Myers » dans laquelle Anne Libert entraîne le pauvre Paul Müller dans les ténèbres est l’un des passages les plus impressionnants du film.

L'un des meilleurs !
Ambigu, troublant et étrange, Christina, princesse de l'érotisme s'avère être l'un des films de Franco les plus aboutis dans sa forme et des plus ambitieux dans ses partis-pris. Il propose de nouveaux choix, sonores et visuels qui permettent à eux seuls, de qualifier Christina de "Film d'auteur bis".

Un film essentiel donc, à glisser dans sa dvdthèque entre Le testament d'Orphée et 2001 l'odyssée de l'espace.

 

 

 

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